L’affiliation fédérale

L’affiliation fédérale

Prendre un nouvel envol…

L’affiliation fédérale est une démarche volontaire du club. Pour vous, pratiquant.e.s qui êtes déjà licencié.e.s ou qui allez le devenir, nous allons évoquer cette structure fédérale, son principe et sa juste importance pour l’individu. Un système fédéral, sans être un système parfait, est un système qui offre au plus grand nombre un accès à tous les aspects de l’aïkido : pratique en club, stages en région ou nationaux, évaluation de la progression et formation des enseignements (préparation et passage de grades dan, diplômes d’enseignement, formation continue). C’est une dynamique considérable pour vous qui souhaitez pratiquer l’aïkido, et à n’en pas douter, avancer dans cette discipline.
Pour un grand nombre, il n’aura pas échappé notre récent changement d’affiliation fédérale, parlons-en.
Toute tentative d’explication aura pour certain.e.s des allures de manifeste, c’est inévitable et ce n’est pas faux.

Il est toutefois plus essentiel pour nous de prendre un nouvel envol.

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Il est d’usage de s’appuyer sur ce que l’on a, sur la chose pour laquelle on s’est investi pendant tant d’années, pour hériter du temps passé pour cette chose. En son temps, Esope évoquait le ne bougeons pas d’où nous sommes, faisant ainsi le dos rond à un contexte nuisible, persistant et sans avenir.

Le mal-être du connu vs le bien-être de l’inconnu, là fut le dilemme : nous avons choisi d’aller vers un autre espace de pratique pour préserver intacte notre envie d’aïkidō. Une voie ni meilleure, ni moins bonne ? …En fait si, une voie meilleure pour nous, surtout en terme de comportement, de valeurs et de transmission.

Une voie patronymique aussi, car le moment venu de retrouver Tamura shihan, que Senseï (1) ne s’approche pas de nous, l’air sombre, avec l’envie de nous donner une pichenette derrière la tête pour avoir déraisonné sur le chemin d’aïkidō. Il fut un expert d’un tel niveau d’excellence que son enseignement a inspiré de manière définitive plusieurs de nos senpaï (1) ; à notre tour de transmettre cette entièreté à nos kōhaï (1). C’est l’efficacité du cœur dans la pratique.

C’est cet aïkidō que nous apprécions : cette efficacité d’un aïkidō précis, tonique et discret, installé sur ses bases, infusé de Budō, à distance d’une pratique musculaire isométrique, aux brouhahas de vestiaires, et aux propos abusifs …une « virilité » qui en dit long sur ce déficit d’individualisation et qui, en soi, est une vraie erreur de casting quant au postulat et à l’élégance de l’aïkidō.

Nous aurions pu coexister, ensemble, dans le même groupe, dans une certaine mesure, mais cette limite a été franchie par des écrits et par des comportements excessifs, qui ont fait l’objet d’une absence totale de médiation de la part des personnes censées gérer la cité, favorisant ainsi, de façon simpliste et pernicieuse, une tendance au mépris de l’autre.

Ainsi un collectif de plusieurs clubs en Pays de la Loire s’est créé, décidé de faire œuvre de Budō : d’arrêter la guerre, de renoncer à cette appartenance fédérale et de positionner cet héritage du temps investi dans un espace fédéral autre que celui originel.

Car comment s’affranchir de cette ambiance délétère autrement ? L’évidence a été de continuer à pratiquer dans un espace pluriel ; l’Ufolep, agréée par le Ministère des Sports nous proposait de réinvestir le postulat de l’aïkidō autour de valeurs communes.

A ce jour, cette mise en mouvement distribue un souffle renouvelé, tonique pour le groupe. Elle crée les conditions idéales pour cette transformation, en appui des connaissances et des compétences des membres initiateurs de ce collectif. Elle nous réunit autour de projets qui, depuis longtemps, auraient dû faire œuvre de chantiers sincères de la part des fédérations unisport. Elle actualise par exemple le principe de l’évaluation de la progression du pratiquant, une évaluation corrélée aux besoins et aux attentes recueillis des aïkidoka, et non pas à ceux de quelques élus ou cooptés, ayant oublié la justesse de leur mission et la nature même de l’aïkidō. Cette mise en mouvement favorise ce toilettage, réinvente des outils, le tout ancré et respectueux de ce continuum précité, pour le sublimer.

Ce fut donc un envol nécessaire, plus en accord avec notre esprit, notre cœur et notre corps.
Contes et films de samuraï nous ont diverti enfants, nous rendant courageux dans l’imaginaire.
Devenus grands, ils nous suggèrent tout autre chose : incarner une juste posture d’humains conscients. 
Et pour cela, il fut nécessaire de prendre le risque, de renoncer pour grandir, de prendre son envol.

(1) Dans la culture japonaise, le senpai (先輩, anciennement transcrit sempai) est l’élève avancé et le kōhai (後輩) est le jeune élève. Le senpai a un rôle de tuteur auprès du kōhai et de relais de l’enseignement du sensei, le professeur ; en retour, le kōhai doit le respect au senpai. Source : Wikipédia